Tous les parents s’inquiètent un jour ou l’autre, à propos des jambes ou des pieds de leur bébé.
Ils lui trouvent les jambes arquées, les pieds trop en dehors ou trop en dedans, trop plats ou trop dodus.
Dans la majorité des cas, cette inquiétude n’est pas fondée. En effet, il ne faut pas comparer la démarche des jeunes enfants avec celle des adultes, car ce n’est qu’entre 6 et 8 ans, selon les cas, que les enfants commencent à marcher à peu près de la même manière que les adultes.
Rien de plus banal que des jambes arquées, au tout début de la marche. En fait, ce n’est que la jambe, du genou à la cheville, qui est concernée par ce phénomène, la cuisse, elle, gardant une forme normale. Quant aux pieds, on constate qu’ils ont tendance à reposer sur leur partie externe.
Si l’on effectue une radiographie, on remarque qu’il n’y a pas d’anomalie, si ce n’est un épaississement très marqué de la partie interne du tibia.
Cette forme arquée du tibia guérit toute seule, et dans tous les cas, et n’a aucun rapport avec une quelconque maladie osseuse. La seule précaution importante consiste à faire porter de bonnes chaussures à l’enfant.
Si cette période de (jambes arquées) coïncide avec les vacances d’été, il est bon d’emmener l’enfant sur une plage de sable fin, où il pourra marcher longuement au soleil, pieds nus.
Les pieds en dedans sont beaucoup plus fréquents que les pieds en dehors, et ceci pour la raison suivante : a position des pieds est en partie commandée par l’orientation des cols des fémurs (les cols des fémurs supportent la tête des fémurs grâce à laquelle les os des jambes s’articulent avec le bassin) : lorsque ceux ci sont dirigés vers l’avant, les pieds ont tendance à tourner vers le dedans, lorsqu’ils sont dirigés vers l’arrière, ils ont tendance à tourner vers le dehors. Or, chez le nourrisson, les cols des fémurs sont normalement tournés vers l’avant, et cette orientation un peu exagérée peut persister jusqu’à l’âge de 3 ou 4 ans. Cette particularité explique la facilité qu’ont certains enfants à s’asseoir dans une position qui surprend les adultes : sur les fesses et les cuisses, les genoux en avant, et les deux jambes complètement dirigées vers l’extérieur.
Il est toutefois des cas où cette orientation vers l’avant des cols des fémurs est non seulement très exagérée, mais de plus associée à une augmentation importante de leur angle (coxa valga), Si seul un côté est atteint, l’enfant de 2 ou 3 ans aura une nette dissymétrie dans la position des pieds.
Enfin il est des cas où une orientation vers l’arrière des cols des fémurs s’associe à une fermeture un peu excessive de leur angle (coxa vara), en entraînant une démarche en canard, pieds en dehors et hanches saillantes.
Lorsqu’il vous semble que votre bébé de 2 ans, une fois la marche bien acquise, pose mal ses pieds et a une vilaine démarche, il vaut toujours mieux aller consulter un médecin.
Dans la majorité des cas, une intervention orthopédique est inutile. Elle ne sera envisagée que dans les cas qui risquent d’entraîner des ennuis de hanche à l’âge adulte.
Tous les bébés ont les pieds aplatis, la voûte plantaire de la majorité d’entre eux ne commençant vraiment à se former qu’à 18 mois - 2 ans.
De même, il est fréquent que les petits garçons et les fillettes potelés aient des pieds trop ronds, trop dodus et difficiles à chausser.
Enfin, tous les bébés ont de gros genoux, surtout dans leur partie interne ; ils ne s’affineront que beaucoup plus tard.
Les combinaisons variées de ces diverses particularités (pieds en dedans gros genoux jambes arquées, etc.) donnent aux jeunes enfants des démarches et des positions de jambes qui peuvent inquiéter leurs parents, mais qui ne sont que les variantes physiologiques d’un mode de développement normal.
Les pieds soutiennent tout le poids du corps ; si leur position n’est pas bonne, si la distribution du, poids ne peut pas se faire harmonieusement, tout l’ensemble des articulations (chevilles genoux jambes colonne vertébrale) risque d’en souffrir.
Pour l’ensemble de la statique des corps, il est donc primordial que les pieds soient solidement posés sur le sol.
Le pied a la forme d’une demi assiette creuse posée sur le sol sur son bord. Des muscles et des tendons soutiennent la voûte plantaire ; certains d’entre eux viennent de la jambe, d’autres sont propres au pied.
Il est clair qu’une bonne position des pieds dépend non seulement du squelette, mais surtout de la qualité des muscles et des tendons qui les soutiennent.
Or, jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans, le tonus musculaire des enfants est encore faible, cette faiblesse étant toute physiologique. Il est donc normal que jusqu’à cet âge leurs pieds soient quelque peu aplatis, sans que ceci ait quoi que ce soit de pathologique.
Ainsi, la plupart des enfants amenés en consultation orthopédique ont non pas des pieds plats, mais des pieds aplatis, appelés valgus hypotoniques.
Un pied valgus hypotonique est un pied mou qui s’aplatit en dedans, et s’écrase sur sa partie interne qui repose trop sur le sol.
Il suffit toutefois d’examiner l’enfant couché, pour constater que sa voûte plantaire existe et qu’elle est bien formée. En général, les enfants qui ont des pieds valgus hypotoniques ne se plaignent de rien et supportent très bien la marche à pied. Il arrive toutefois que certains d’entre eux refusent de marcher beaucoup, se plaignent de douleurs, et demandent à être portés. C’est dans ce dernier cas seulement que les semelles orthopédiques sont recommandées. En effet, si celles ci, en replaçant le pied en bonne position, suppriment les douleurs et permettent aux jambes de fonctionner en position normale, elles ne guérissent rien ; et elles sont même néfastes lorsque l’enfant présente également (et c’est souvent le cas) un genu valgum, cornmunément appelé jambes en X (absence de rectitude des jambes lorsque l’enfant est en position debout).
Cette gymnastique devra être poursuivie pendant très longtemps (des années au besoin).
le vrai pied plat est une infirmité qui justifie la surveillance et les soins d’un chirurgien orthopédiste qualifié.