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 Les problèmes sur le lieu du travail

ils ne se présentent pas du jour au lendemain mais finissent presque toujours par arriver. Ces problèmes peuvent découler de nombreuses attitudes ou conséquences liées à l’alcool : inattention, somnolence, trous de mémoire, défaillance du sens des responsabilités, absentéisme, etc. Face à cet état de chose, l’employeur a deux réactions possibles. Soit licencier la personne purement et simplement. Soit, s’il s’agit d’une entreprise plus familiale, fermer les yeux dans un premier temps, puis donner des avertissements, menacer de licenciement et ne le faire qu’en dernière extrémité. Il arrive que ce type d’employeur convoque la femme ou le mari de l’alcoolique pour essayer de chercher ensemble une solution. Parfois même, c’est au cours de cet entretien que les femmes apprennent la maladie de leur mari, n’ayant pas, jusqu’alors, osé regarder la vérité en face.

Perdre son travail, pour un malade alcoolique, c’est brusquement se trouver sans existence sociale, être cantonné dans sa marginalité d’alcoolique. Sa dépendance vis à vis de la boisson se double d’une nouvelle dépendance, financière celle ci, vis à vis des Assedics, de la Sécurité sociale, de sa femme (ce problème concerne en effet surtout les hommes alcooliques, car de nombreuses femmes vivent déjà du salaire de leur mari), de ses parents ou même de ses enfants. C’est une épreuve souvent douloureuse pour celui qui la vit, mais il arrive aussi, parfois, qu’elle soit tellement traumatisante et inacceptable qu’elle agisse comme un déclic, incitant le malade à tout faire pour s’en sortir.

Les problèmes d’argent

Quand on n’en est pas encore au stade de mendier ou de voler sa ration quotidienne, il est certain que l’alcool coûte cher, très cher, et que « l’argent du ménage » en subit les conséquences. Il ne s’agit pas seulement de l’argent dépensé en boissons, mais aussi de l’argent perdu, oublié, généreusement offert ou simplement volé à celui qui est trop ivre pour s’en rendre compte. Il s’agit aussi de l’argent qui sert à rembourser les dégâts et accidents provoqués par l’alcoolique.

Lorsque le problème d’alcool n’est pas encore virtuellement mis à jour, ne serait ce que par sa reconnaissance verbale, les complications liées à l’argent sont toujours omniprésentes. La femme du malade alcoolique voit son budget diminuer de jour en jour, elle doit se débrouiller tant bien que mal pour tenir jusqu’à la fin du mois. Même dans les milieux aisés ce problème existe, car les dépenses sont plus somptuaires. Cela déclenche souvent de sa part des réflexions acrimonieuses qui, bien sûr, n’arrangent rien. Certaines préfèrent se taire plutôt que de provoquer la violence de leur compagnon, et elles laissent s’installer la rancune.

Le mari de la femme alcoolique, lui, se demande où passe l’argent du ménage. S’il n’a aucun soupçon du problème qui tenaille sa femme, il l’accusera d’être dépensière, futile, égoïste, incapable de gérer un budget. Il la soupçonnera même, peut être, de lui être infidèle. Ce qui est vrai, d’une certaine façon, puisqu’elle le trompe avec l’alcool, mais sans, hélas, en tirer aucune joie.

La plupart des alcooliques doivent de l’argent. Ce qui vient encore fausser leurs relations avec les autres. Modestes pour les uns, outrageuses pour les autres, ces sommes d’argent et la perspective de devoir les rembourser sont un frein supplémentaire, une impasse qui enferme un peu plus étroitement les alcooliques dans leur maladie. Avec le temps, le problème des créanciers trouvera sa juste place et l’alcoolique, une fois abstinent, trouvera le courage d’y faire face et d’y remédier.