Plusieurs cas de figure se présentent quant au problème des enfants ayant un parent alcoolique. Soit ils sont trop jeunes pour comprendre les raisons du profond malaise qu’ils ressentent au sein de leur famille. Soit, encore, ils seraient en âge de comprendre, mais le degré d’alcoolisation de leur père ou de leur mère n’a pas atteint un stade qui empêche le malade de dissimuler le problème dont il souffre. Soit, enfin, ils savent pertinemment que leur père ou leur mère a une façon anormale de boire de l’alcool.
Un climat de tension plane en permanence sur la famille. Il le ressent, en souffre, vit dans la peur, sans comprendre la raison de cet état de chose. Il vit avec les sautes d’humeur, l’injustice, les larmes, le drame peut être, les bagarres, parfois les coups. Ces enfants, élevés dans l’angoisse, doivent être protégés au maximum par celui de ses parents qui n’a pas de problème avec l’alcool. Celui ci devra expliquer à son enfant, calmement, simplement, sans trahir la moindre notion de jugement, que son père ou sa mère est malade, que cette maladie se traduit par son comportement imprévisible, qu’il faudra du temps, de la patience et beaucoup d’amour pour le guérir, et qu’il ne faut pas avoir peur. Généralement, les enfants comprennent bien le langage de la maladie. A vous d’éviter ensuite qu’il soit confronté à des scènes de violence, mettez le à l’abri dans sa chambre ou chez des voisins, essayez d’être le plus juste et aimant possible et, surtout, ne le prenez jamais à parti au cours de scènes auxquelles il ne devrait pas assister.
Même si l’enfant ne se trouve jamais dans des situations éprouvantes, il peut ressentir, malgré tout, une sorte d’étrangeté. Il n’en parlera pas car les enfants ont une immense pudeur, mais il pourra l’exprimer autrement. Vous qui n’avez pas le problème de l’alcool, en plus de votre tendresse, donnez à votre enfant la certitude que vous êtes d’une équité exemplaire.
Encore une fois, il faut bien lui faire comprendre que c’est une maladie. Autant les enfants sont sensibles à l’impartialité et à la justice, autant ils ne portent pas de jugement sur les autres. La société ne leur a pas encore transmis cet aspect pervers des relations humaines. L’alcool n’ayant donc pour eux aucune connotation moralisatrice, ils accepteront sans réticence l’aspect maladie que tant d’adultes ont encore tellement de mal à admettre. Etre très proche d’eux et leur parler le plus vrai possible sont les deux façons de les protéger au mieux, et, parallèlement, d’aider le malade à vivre dans un climat familial qui lui permette d’entrevoir la solution à ses problèmes.