Quand on parle du ténia, il s’agit en général du ténia du boeuf, ou du ténia du porc. Ce sont des vers à corps aplati, hermaphrodites, possédant des organes de fixation (ventouses ou crochets), et dont le corps est divisé en segments ou anneaux.
C’est le plus fréquemment rencontré en France. Le ver adulte mesure de 4 à 5 m de long. La tête ou scolex est en forme de poire et mesure de 1 à 2 mm de diamètre. Elle est dépourvue de rostre et de crochets mais porte quatre ventouses arrondies. Le corps adulte est constitué de près de 2000 anneaux. Les terminaux, les plus âgés, sont plus longs que larges. Ils se détachent isolément de la chaîne et, doués de mouvements propres de reptation, ils sortent activement du tube digestif par l’orifice anal, en dehors même de la défécation.
Le sujet porteur du ténia va donc découvrir ces anneaux dans ses vêtements ou dans ses draps, et il ne peut ignorer qu’il héberge un ténia.
Le ténia est un parasite solitaire, car le premier qui se fixe crée un état d’immunité spécifique s’opposant à l’évolution d’un second. A l’extérieur, les anneaux se désagrègent et libèrent des milliers d’oeufs qui se dispersent, en particulier dans les herbages.
Avalés par des bovidés, ces oeufs microscopiques (30 l’ environ) libèrent un embryon dit hexacanthe (à six crochets) qui, traversant la paroi intestinale, gagne la circulation générale qui le conduit successivement au coeur, aux poumons, puis dans le tissu graisseux entourant les muscles où il se transforme en un cysticerque, vésicule dans laquelle bourgeonne une tête invaginée.
En trois ou quatre mois, le cysticerque est devenu mûr et infestant. C’est en ingérant de la viande de boeuf crue, ou mal cuite, que l’homme contracte le ténia. La larve est libérée dans l’estomac. La tête ou scolex se dégage et se fixe à la muqueuse de l’intestin grêle. Les anneaux se développent un à un et le ver devient adulte en 2 ou 3 mois.
Les plus fréquents sont les troubles gastro intestinaux.
Ce peut être une faim impérieuse ou au contraire une perte d’appétit, des douleurs au creux de l’estomac ou au niveau de l’intestin, des nausées, des vomissements, de la diarrhée ou de la constipation. Les enfants peuvent être sujets à des troubles nerveux et même à des crises rappelant l’épilepsie.
il est assuré par la constatation des anneaux expulsés et par la recherche au microscope des oeufs de ténia obtenus en appliquant un morceau de cellophane adhésive à la marge de l’anus.
Mais cette recherche est difficile et aléatoire et les anneaux expulsés constituent l’élément essentiel du diagnostic.
Autrefois, on utilisait surtout l’extrait éthéré de fougère mâle et les broyats de semences de courge.
Aujourd’hui, on leur préfère des produits qui dissolvent le ténia. La recherche de la tête du ver, jadis seul critère de guérison, est donc devenue inutile. Par ailleurs, ces produits sont très bien tolérés. L’étain administré sous forme de comprimés dragéifiés constitue un traitement très valable du ténia.
On le rencontre beaucoup plus rarement chez l’homme que le ténia du boeuf. Plus court, il ne mesure à l’état adulte que 2 à 3 m, mais sa tête ou scolex présente en plus de ses quatre ventouses, un rostre armé de 25 à 50 crochets. Les anneaux sont moins longs et plus larges que les anneaux du ténia du boeuf. Lui aussi se transmet à l’homme mangeant de la viande crue.
Assez rare en Europe occidentale, ce ténia est très répandu sous les tropiques et surtout dans l’Inde. Le traitement est le même que pour le ténia du boeuf.