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 Réduire les quantités d’alcool, est ce une solution ?

Malgré les immenses progrès réalisés par le monde de la médecine, dont les sorciers de laboratoire qui élaborent des traitements toujours plus performants, personne n’a encore découvert de potion magique qui permettrait aux alcooliques de boire comme tout le monde. Aucun médicament ne peut, pour l’instant du moins, réguler l’excès de boisson dont souffrent ces malades. La seule solution est donc l’abstinence, comme l’exprime très bien une Alcoolique Anonyme : « Le jour où on me prouvera que je peux boire une coupe de champagne sans me retrouver quinze jours plus tard à Sainte Anne, d’accord. Mais pour l’instant, je suis alcoolique abstinente. » Outre les groupes d’anciens buveurs, tous les médecins qui connaissent bien le problème de l’alcool s’accordent à dire qu’un malade alcoolique ne peut devenir un buveur normal. Peut être la science pourra t elle, un jour, accomplir cette guérison, mais ce n’est pas encore le cas. Il n’existe pas encore de pilule miracle ou de vaccin qui « immunise » contre l’alcool.

Réduire les quantités quotidiennes de boisson absorbées ne fait que rendre le problème encore plus obsessionnel et douloureux pour le malade qui espère ainsi trouver la voie de la guérison. En effet, chaque fois qu’il devra réfréner son besoin, il culpabilisera encore plus en réalisant que cela dépasse ses capacités et il boira même encore plus pour ne pas devoir affronter ce qu’il considère comme de la médiocrité.

Cette volonté de réduire les quantités d’alcool, même si elle ne mène à rien, est parfaitement compréhensible. Pour celui (ou celle) qui boit, l’alcool est un mode de vie, un moyen de survie, et envisager l’abstinence est comme se pencher sur un immense gouffre dans lequel il (ou elle) n’ose se jeter. Essayez de vous mettre à sa place. Peut on facilement affirmer, en étant honnête avec soi même, que l’on ne boira plus jamais de sa vie ? En tout cas, pour un alcoolique, c’est impossible. En réponse à cela, le groupe d’anciens buveurs, les Alcooliques Anonymes, préconise la loi des vingt quatre heures. Aucun de ses membres ne dit « Je ne boirai plus. » Ils savent trop bien, pour l’avoir vérifié des milliers de fois sur eux mêmes et sur les autres, qu’ils sont à la merci du premier verre d’alcool. Mais affirmer « Je ne boirai pas pendant vingt quatre heures », c’est un défi à soi même qu’il est beaucoup plus facile d’honorer. Vingt quatre heures à la fois, même dans les tout premiers temps de l’abstinence, c’est possible. Et, de toute façon, c’est plus facile et incomparablement plus efficace que de réduire les quantités de boisson.

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