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 S’il devient violent, que faut il dire ou faire ?

Si la société regarde d’un air soupçonneux tous ceux qui ne boivent pas d’alcool et encourage, au contraire, à boire un petit coup, sa complaisance se transforme en haine dès qu’une personne, en état d’ivresse, transgresse ce consensus social tacitement établi par l’ensemble de la population. Mais là n’est pas la question.

Parmi ces transgressions, la violence en est une qui ne concerne pas tous les alcooliques mais, hélas, un très grand nombre. Elle peut être sexuelle, mais aussi tout simplement vindicative et agressive.

La violence sexuelle

Inutile de s’attarder sur les crimes et délits sexuels. S’il est vrai que 27 % de ceux qui s’en sont rendus coupables souffrent d’alcoolisme, il est d’autre part évident que cela ne concerne qu’une infime minorité de personnes parmi l’immense population des alcooliques*. Mais la violence sexuelle des alcooliques n’est pas toujours du ressort de la loi. Elle peut se manifester le plus légalement du monde, à la maison, au sein du couple. Ne parlons pas de l’inceste, car il est considéré comme un délit. En cas de problème de ce genre, la seule et unique chose à faire est d’appeler la police, sans honte et sans crainte des représailles futures de la part de l’alcoolique.

Mais parlons plutôt de cette violence sexuelle légale, silencieuse, consentante, honteuse et traumatisante. Si vous vous pliez au « jeu » à contre cour, essayez de vous en extraire en étant calme, sans aucune animosité ni crainte, sans sombrer dans le drame, mais en étant ferme. Même si la possibilité de communication est interrompue, la maîtrise de votre contenance devrait suffire. Dans le cas contraire, si la violence physique vient s’ajouter à la violence sexuelle et que vous vous sentez en danger, n’hésitez pas à appeler de l’aide, auprès de SOS Médecins ou de la police. Cela doit vous sembler inhumain car cette personne qui boit, c’est aussi celle que vous aimez. Il est déjà impensable de dénoncer qui que ce soit, a fortiori celui ou celle qu’on aime !

Il ne faut pas considérer cela comme une dénonciation, mais comme une protection. Vous vous protégez, certes, mais vous protégez aussi cette personne contre elle même, vous l’empêchez de se mettre dans une situation qui pourrait avoir des conséquences dramatiques. Comme vous l’avez compris page 47, toujours fermer les yeux, arrondir les angles, réparer les dégâts et accepter tout en bloc, n’est qu’inciter le malade à se dire que tout peut continuer ainsi, c’est le priver de l’espoir qu’une porte, un jour, puisse s’ouvrir devant lui.

Les bagarres dans les cafés, dans la rue, les dîners entre amis qui finissent à coups d’insultes ou de poings, les règlements de comptes en famille, électrisés par l’alcool, et toutes les occasions où la violence éclate, sont des moments de grande peur pour ceux qui y sont intimement mêlés, surtout lorsque ces scènes ont lieu à la maison.

La toute première chose à faire est de protéger les enfants, si vous en avez. Par exemple, en les enfermant dans une autre pièce ou en leur disant d’aller chez une voisine. Quant à vous, si vous avez de bonnes raisons de craindre des débordements dangereux pour tout le monde, et en particulier pour vous, ne craignez pas d’appeler de l’aide, comme vous venez de le voir dans le paragraphe précédent.