Cette fois, le « il » s’adresse de nouveau au malade alcoolique, qu’il soit un homme ou une femme. De très nombreux alcooliques menacent leur entourage de mettre fin à leurs jours. Certains ont même du talent pour monter des mises en scène macabres. Mais il faut décoder la signification cachée de ces actes extrêmes. Même s’il affirme que la mort est la seule issue, et même s’il croit à ce qu’il dit, le fait de vouloir mettre sa menace à exécution devant vous est implicitement une façon de dire : « Retiens mois, je veux pouvoir continuer à vivre. » D’ailleurs, rares sont les alcooliques solitaires qui se jettent par la fenêtre, car il n’y a personne pour les retenir. Cela ne veut pas dire, malheureusement, qu’aucun alcoolique ne se suicide, mais ceux qui le font, la plupart du temps, n’en parlent pas.
Alors, comment réagir dans des circonstances si difficiles à vivre ? Il faut essayer de garder votre calme et expliquer au malade que vous ne serez pas toujours là pour le retenir, que vous ne pouvez plus assister à ces scènes, que vous ne voulez pas vous détruire, etc. Attention aux mots que vous choisirez et au ton que vous adopterez car il ne faut surtout pas qu’il (ou elle) ait l’impression que vous le (ou la) défiez de mettre sa menace à exécution. Car, sous l’emprise du défi (et de la boisson), certains le font. Avec douceur et fermeté, essayez de désamorcer la pompe. Il est inutile de lui dire des phrases du genre « Mais si, la vie vaut la peine d’être vécue, nous avons tellement de choses pour être heureux, etc. ». Ce serait rentrer inutilement dans son jeu et vous n’obtiendriez qu’une probable aggravation de la scène. Vous ne pouvez plus supporter ces situations, alors dites le lui franchement, sans peur, sans colère et sans reproches. Dites lui aussi que vous reparlerez de tout cela à un autre moment.
Si, malgré tout, vous n’arrivez pas à calmer la crise et que vous avez de bonnes raisons de craindre le pire, il faut, bien sûr, le protéger, mais d’une façon adulte, responsable et qu’il comprendra très bien lorsqu’il sera de nouveau à jeun : en appelant un service de secours d’urgence (SOS Médecins, Samu, Police Secours). Ce n’est pas une mesure de répression, mais une mesure de sauvegarde pour chacun de vous.