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 Sentir le changement d’humeur

Pour les adolescents, la vie est une série d’extrêmes. Les bons moments offrent un plaisir plus intense que tout adulte en ressentira jamais ; les problèmes semblent plus complexes et insolubles. Les résultats scolaires, les amis, l’acceptation, les changements physiques, les difficultés familiales, les rendez vous et le sexe produisent ensemble un stress énorme pour un enfant. Chaque jour, les rejets provoquent des crises de rage. Si vous avez établi de bonnes relations avec vos adolescents, ils viendront peut être vous voir pour chercher conseil ou consolation. Sinon, les jeunes se tournent parfois vers la seule chose qui les soulage, ramène le plaisir et rend le malheur un peu plus supportable : la drogue.

Au deuxième niveau, l’usage de la drogue sort des fêtes pour entrer dans la vie quotidienne. C’est le plaisir, et non la curiosité, qui contrôle le comportement. Si vos enfants tirent tout leur plaisir de la drogue, ils ne se contenteront pas d’attendre la fin de semaine pour goûter à une bière ou à une cigarette. S’ils ne peuvent piquer vos drogues à la maison, ils en trouveront une réserve abondante ailleurs. Acheter de la drogue devient une habitude régulière.

Ce stade est marqué par l’apparition de nouvelles drogues. Votre enfant a déjà rompu le tabou des drogues et s’en est tiré. A présent, il ne croit avoir aucune raison de se limiter à une ou deux drogues d’entrée. Il peut maintenant en essayer autant qu’il veut. Cependant, l’effet n’est plus le même. L’usager développe une accoutumance aux drogues : il a besoin d’une plus grande quantité de drogues plus fortes pour atteindre la même euphorie. Il boit du whisky, du rhum et de la vodka, en plus de la bière et du vin. Le haschisch et l’huile de haschisch intensifient les effets de la marijuana. Pour combattre une gueule de bois ou pour accroître leur performance en se stabilisant, les élèves endormis ou les athlètes prendront des amphétamines (des speeds).

Cet usage de drogues puissantes ou même de plus grandes quantités des drogues d’entrée a un prix. A ce niveau, le comportement commence à changer.

Si votre enfant prend de la drogue, son attitude envers l’école est souvent la première chose qui change. Soyez à l’affût d’une baisse soudaine des résultats, ou d’une indifférence envers le travail scolaire. L’usage de la drogue pendant le jour diminue fortement la capacité de concentration ou d’apprentissage d’un étudiant, et le temps passé à planer les soirs de semaine est autant de temps soustrait au travail scolaire. Les effets secondaires des drogues, comme les gueules de bois et les maux de tête, s’ajoutent à ces problèmes. L’absentéisme peut augmenter, puisque l’étudiant prend moins d’intérêt à l’école ou a besoin de temps supplémentaire pour s’approvisionner régulièrement en drogues. La marijuana joue ici un double rôle : non seulement elle affecte la mémoire à court terme et la capacité de concentration, deux facultés essentielles à l’apprentissage, mais son usage est également associé à la perte d’intérêt et au désir appelé « syndrome de non-motivation ».

Même si ce stade est semblable, dans ses grandes lignes, chez tous les enfants, il peut varier à quelques détails près d’un foyer à un autre. C’est vous qui connaissez le mieux vos enfants. La perte de motivation peut se manifester d’un certain nombre de façons. A vous de surveiller les changements de comportement importants. Votre enfant se détourne t il de ses activités préférées ? Se met il soudainement à trouver ennuyeux et vieux jeu le travail scolaire, les activités parascolaires ou les questions religieuses et familiales ? Ses ambitions ont elles diminué ? Ses buts à long terme ont ils reculé ? Si les jeunes perdent leur sentiment d’accomplissement, les activités valorisantes vont perdre du terrain au profit d’une plus grande consommation de drogues. Les chercheurs se demandent si l’usage de la marijuana provoque ce manque de motivation, ou si elle ne fait que le renforcer. Des comportements semblables peuvent également se produire avec l’usage d’autres drogues. De toute façon, c’est un problème sérieux parce que ces changements en entraînent d’autres encore plus indésirables.

Les jeunes cherchent d’autres jeunes qui leur ressemblent. Les jeunes qui consomment de la drogue cherchent d’autres utilisateurs de drogue. C’est un cercle vicieux : plus ce jeune fréquente les truands et les décrocheurs, moins il est susceptible de se reprendre en main. Vous verrez peut être votre enfant disparaître dans un monde obscur d’amis que vous voyez rarement et que vous n’approuvez pas. Ces « amis » ne viendront pas chez vous. Ils vont peut être demeurer dans la voiture lorsqu’ils viendront chercher votre enfant. Ceux qui téléphonent raccrocheront si un parent répond au téléphone.

Ce ne sont pas des amis : votre enfant s’est fait des compagnons de drogue. Comme la drogue est la seule chose qui rassemble ces jeunes, tout ce qu’ils font ensemble, c’est en consommer ; ils ne s’adonnent ni aux sports, ni aux jeux, ni au magasinage. A cause de cela, l’isolement et la paranoïa sont des traits caractéristiques des utilisateurs d’alcool et d’autres drogues qui ont dépassé le premier niveau.

Même si la plupart des enfants sont des acteurs naturels, il n’est pas facile de mener une double vie, de faire semblant d’être une personne à la maison et une autre avec les amis. Le fait de jouer un rôle causera souvent du stress, un type de stress qu’ils trouveront commode de soulager en prenant encore plus de drogues. Certains enfants s’en tirent assez bien. Leurs parents ne croient pas qu’ils prennent de la drogue, peu importe la réalité. Cela s’appelle le déni, et c’est l’un des plus grands pièges qui guettent les parents.

Il est difficile d’affronter un enfant qui a abusé de la drogue, et cela peut provoquer des crises de colère, des mensonges et de la paranoïa. A ce stade, la vie familiale peut se rompre. Vous devrez peut être faire des efforts pour traverser le mur d’isolement de votre enfant. Les jeunes qui prennent de la drogue peuvent refuser de prendre des repas en famille ou de participer à des événements familiaux. Les parents trouveront peut être qu’ils s’éloignent pour de longues heures ou se retirent dans leur chambre derrière un barrage de musique à fort volume ; les vêtements bizarres et autres symboles de rébellion sont d’autres caractéristiques de ce stade. C’est à ce stade que devrait commencer l’intervention. La réhabilitation y est beaucoup plus facile qu’à un stade ultérieur. Si on n’affronte pas carrément le problème, l’enfant peut bien ne plus vivre que grâce au sentiment d’euphorie que procure la drogue, et progresser vers le troisième niveau.