Stéroïdes

Au début de la puberté, les garçons se mettent à produire de grandes quantités de l’hormone stéroïde testostérone, ce qui les fait traverser une série de changements anaboliques, relatifs à la croissance et au développement des tissus musculaires et corporels. Ils traversent également un autre ensemble de changements appelés androgéniques, ceux qui sont responsables de la croissance des cheveux, de la mue de la voix et du développement des organes sexuels. L’industrie pharmaceutique travaille depuis plusieurs années à synthétiser des drogues qui pousseraient le corps à imiter les effets anaboliques désirés sans subir les changements androgéniques. Aucun fabricant n’a complètement réussi. Toutefois, la demande pour ces drogues, appelées communément stéroïdes anabolisants, est si grande qu’un flot de médicaments stéroïdes sont entrés sur le marché.

La croissance anabolique est exactement ce que recherchent les athlètes dans la plupart des sports et à tous les niveaux. Les stéroïdes qui favorisent cet effet fournissent une façon rapide de prendre le poids et les muscles supplémentaires nécessaires au succès. Culturistes, haltérophiles, athlètes et foot-balleurs en sont les principaux utilisateurs, surtout parce que l’usage des stéroïdes augmente aussi l’agressivité : un trait qui, à tort ou à raison, est récompensé dans l’arène, mais qui peut mener à de nombreux problèmes ailleurs.

On ne connaît pas l’étendue de l’infiltration des stéroïdes anabolisants dans les sports professionnels et amateurs, bien que les athlètes qui ont compté sur les drogues estiment habituellement que le pourcentage d’utilisateurs est très élevé. L’usage de stéroïdes est rarement admis en public, et les nouvelles révélations à propos de cet usage, provenant des athlètes qui ont nié avoir pris ces drogues, ont eu le malheureux effet de faire peser le soupçon sur tous les athlètes. Même si, à une époque, les médecins ont nié que l’usage des stéroïdes améliorait la performance, les événements les ont obligés à admettre qu’ils avaient tort. Le sprinter Ben Johnson n’a pu répéter son record mondial de 1988 depuis qu’il a abandonné les stéroïdes. D’autres, en particulier les footballeurs, ont attribué leur accession aux rangs professionnels aux énormes masses musculaires que les stéroïdes rendent possibles.

En dépit d’anecdotes et d’articles récents à propos des conséquences de l’usage des stéroïdes, les drogues ont infiltré les écoles. Selon une étude, aux États Unis, 500 000 étudiants de douzième année ont essayé les stéroïdes anabolisants, ce qui indiquerait que leur usage est aussi fréquent que celui de la cocaïne, et on sait, preuves à l’appui, qu’ils sont également utilisés par de jeunes enfants. Une tendance alarmante est l’usage des stéroïdes parmi les non athlètes, à la seule fin d’améliorer leur apparence. De 15 à 20 p. cent des utilisateurs au niveau secondaire ne seraient pas des athlètes.

Il y a deux grandes classes de stéroïdes : les comprimés, qu’on peut avaler ou laisser se dissoudre sous la langue, et les liquides qu’on injecte. Certains usagers préfèrent les comprimés parce que leur usage ne laisse aucune trace visible d’aiguille. Cependant, les stéroides anabolisants oraux sont plus toxiques, augmentent les lésions au foie et doivent être pris tous les jours, puisqu’ils sont traités par le corps en moins de vingt quatre heures. Les stéroïdes injectables sont plus utilisés, puisqu’on n’a pas besoin de les prendre aussi souvent ; ils peuvent passer jusqu’à un mois dans le corps, selon le niveau du métabolisme. Leurs usagers courent également le risque d’une réaction allergique à cette drogue, surtout si elle provient de la rue et qu’elle est contaminée. En règle générale, plus les effets androgènes de la drogue sont élevés, plus elle est dangereuse pour le système hormonal et le foie.

On prend des stéroïdes pour une période de temps donnée, habituellement de six à dix semaines, après quoi les utilisateurs sont censés laisser reposer leur corps pendant une période de temps équivalente. Cette période d’usage et de non usage s’appelle un cycle stéroïde. Les cycles s’allongent à mesure que l’usage augmente : certains utilisateurs prennent dix fois la dose recommandée, ou davantage. Les athlètes, dit on, s’injectent également la drogue durant la période même où ils sont censés laisser reposer leur corps, ce qui augmente leur niveau de tension. Pis encore, plusieurs athlètes « empilent » ou utilisent plusieurs drogues simultanément pour tenter de minimiser les effets secondaires ou pour produire des effets plus rapidement, ce qui ne fait qu’en augmenter les effets nocifs à long terme.

En 1990, aux États Unis, le statut juridique des stéroïdes anabolisants a changé avec l’adoption de la Loi sur le contrôle des stéroïdes anabolisants. Cette loi classait les stéroïdes sous l’appellation « substances contrôlées », ce qui en rendait illégale la possession, l’ordonnance ou la distribution, sauf pour des raisons médicales légitimes. De fortes pénalités ont été rattachées à la loi, afin que des poursuites soient intentées contre ceux qui en font le commerce sur le marché noir. Aux termes de la loi, les stéroïdes ont été classés sous l’appellation drogues de Calendrier III. Les drogues de Calendrier III sont définies comme étant celles qui ont des usages médicaux acceptés, mais dont l’usage peut mener à une dépendance faible ou modérée, ou à une forte dépendance psychologique.

Bien que quelques personnes entêtées puissent développer, par le seul entraînement, les masses musculaires requises pour accéder aux premiers rangs de sports comme le football, la lutte et le culturisme, la plupart ont besoin d’une aide artificielle. On a vu des gens développer une croissance musculaire totale de 35 à 45 kilos. Avec votre enfant, surveillez la croissance corporelle extrême et soudaine : jusqu’à 20 livres de muscles en six semaines. L’un des cycles ou les deux de l’usage des stéroïdes devrait lui permettre de développer les symptômes énumérés sous la rubrique « effets d’un usage à court terme ». L’usage continuel, au fil des années ou même de plusieurs saisons sportives, est peut être suffisant pour produire les effets à long terme énumérés. Aujourd’hui, les marques d’aiguilles sont plus susceptibles d’indiquer l’usage de stéroïdes que d’héroïne ou d’autres drogues. On connaît au moins un cas confirmé de sida causé par le partage d’aiguilles contaminées. Heureusement, un grand nombre des effets secondaires des stéroïdes se résorberont ou disparaîtront lorsque finira l’usage des stéroïdes, bien qu’on puisse remarquer des effets psychologiques tels que la dépression, la léthargie et l’incapacité durant la période d’arrêt immédiate.

Apparence

Comprimés, capsules, fioles injectables.

Appellations commerciales usuelles

Oraux : Anadrol ; Anavar ; Dianabol ; Maxibilin ; Winstrol.

Injectables : Déca durabolin ; Dépo testostérone ; Durabolin ; Prabolin ; Primabolan depot.

Noms argotiques.

Roids ; juice ; anabolisants.

Signes d’usage

Croissance soudaine de la masse musculaire ; acné grave ; peau rose et gonflée ; visage et cou enflés ; peau très serrée contre les muscles ; marques d’étirement prononcées ; perte de cheveux ; jaunisse ; taches pourpres ou rouges sur le corps ; contusions, même avec des blessures légères ; gonflement des pieds et du bas des jambes ; tremblements ; brunissement inexplicable de la peau ; haleine désagréable et persistante ; croissance ou perte soudaine de cheveux ; comportement violent et agressif.

Effets d’un usage à court terme

Augmentation du poids et de la masse musculaire ; rétention d’eau ; haute pression sanguine ; augmentation du rythme cardiaque ; grossissement des sein ; croissance des poils de poitrine. Chez les filles : perturbation du cycle menstruel ; augmentation du nombre de poils au visage ; mue permanente de la voix.

Effets d’un usage à long terme

Diminution de la libido ; réduction de la taille des testicules ; problèmes de foie ; dépression ; insomnie ; hyperactivité ; comportement violent (« roids rage ») ; maladie coronarienne ; lésion chromosomique ; croissance rachitique en cas d’utilisation avant la puberté.

Surdose

Aucune.

Symptômes de sevrage

Perte de masse musculaire ; augmentation de la graisse corporelle ; baisse d’énergie et de libido ; dépression grave ; sentiments de faiblesse à mesure que la taille corporelle décroît ; léthargie et apathie ; manque d’intérêt pour l’exercice ou les sports.