Accueil du site /

 Vous aussi, faites vous aider

Tous ces anciens buveurs, qui se retrouvent au cours de leurs réunions et s’entraident, ont eux aussi une famille, des personnes très proches qui font tout pour les soutenir. Mais parfois, tout comme vous, ces personnes se sentent désarmées, ne savent pas comment s’y prendre, ont peur de commettre des impairs, peur de ne pas savoir trouver les mots, peur de la rechute, peur des phases de déprime, peur de leur compagnon (ou de leur compagne) ou peur d’eux mêmes. C’est pourquoi ils se retrouvent au sein des associations d’anciens buveurs et organisent des réunions réservées à l’entourage des alcooliques. Ces réunions ont le même intérêt que celles organisées par et pour les anciens buveurs : ouvrir le dialogue, mettre en commun les expériences, se libérer de ses tensions, trouver des réponses à ses questions et en sortir le cour plein d’espoir et l’esprit mieux averti.

De plus, la plupart des associations d’anciens buveurs organisent des réunions « ouvertes » qui reçoivent en même temps les malades et leur entourage. D’ailleurs, si vous souhaitez savoir comment les choses se passent avant d’inciter votre compagnon (ou compagne) à y aller, n’hésitez pas, la porte vous sera grande ouverte. Renseignez vous seulement auparavant car les réunions « ouvertes » n’ont pas lieu tous les jours.

La confrontation des malades et de leur entourage, ainsi, dans un même lieu, pour exorciser les problèmes liés à l’alcool, est surtout précieuse pour les conjoints qui, quelquefois, risquent de se montrer jaloux du groupe. En effet, l’alcoolique sorti d’affaire le vénère comme son sauveur. Son carnet de téléphone s’est tout à coup enrichi de dizaines de nouveaux numéros d’amis, qu’il peut appeler n’importe quand, et il va aux réunions plusieurs fois par semaine, si ce n’est tous les jours en début de sobriété ou même plusieurs fois par jour. Si vous allez aux réunions « ouvertes », vous comprendrez mieux la puissance thérapeutique du groupe et son immense bienfait sur le nouvel abstinent. Et puis, vous aussi pourrez inscrire dans votre petit carnet des numéros de téléphones amis !

Il existe, depuis quelques années, une association dont le but est également d’aider les femmes, les maris, les parents, les enfants ou les amis proches des alcooliques : « Que dois je faire ? Il/Elle boit ». C’est une psychanalyste, Marie Claire Lejosne, qui l’a créée après avoir perdu son mari des suites de cette maladie. Elle a su s’entourer des meilleurs médecins alcoologues et, outre leur action directe grâce aux entretiens avec l’entourage, ils organisent des sessions d’information destinées à tous les thérapeutes souhaitant acquérir une formation en alcoologie.

Cette association part du principe que lorsque l’alcool vient s’installer dans une famille, il y a deux malades : celui qui boit et celui qui voit boire celui (ou celle) qu’il aime. Deux souffrances s’expriment, certes différemment, mais de façon évidente. Elle a compris, et déjà pu vérifier, que la guérison du malade alcoolique passait souvent par celle de son compagnon (ou de sa compagne). Grâce aux entretiens avec les membres de l’association, vous apprenez à communiquer autrement, à comprendre les mécanismes de l’alcool, à parler vrai, à maîtriser votre peur. Partant de ce qui n’a apparemment aucun sens, vous arrivez à ce qui en a réellement. Vous apprenez aussi à mieux vous connaître et mieux gérer les situations de tension. Ainsi, petit à petit, vous reprenez goût à l’existence et vous vous surprenez à refaire des projets. Pendant ce temps là, votre compagnon (ou compagne) se décharge du poids de sa culpabilité qui l’étouffe, il (elle) commence à entrevoir la vie comme autre chose qu’un tourbillon vous happant tous deux dans le gouffre de son sillon. Car vous, vous avez su en sortir et il (elle) le sent. Vous êtes sa source et il (elle) viendra s’y abreuver le jour venu. Vous êtes son oxygène et il (elle) voudra le respirer à son tour.

Certains malades alcooliques commencent par mal réagir face aux changements qu’ils ressentent dans leur entourage. Ils se sentent encore plus seuls dans leur maladie, abandonnés, lésés de l’emprise qu’ils ont sur leurs proches et s’alcoolisent encore plus. Si vous constatez cela, surtout, ne vous découragez pas. Tenez bon, continuez dans la voie que vous vous êtes tracée et redoublez d’attentions et d’amour. Vous avez tout à y gagner et les revirements de situation sont souvent spectaculaires. D’autres encore se montrent tellement jaloux de votre mieux être qu’ils essaient d’interrompre votre « thérapie » à vous ou vous empêchent d’aller à vos réunions de groupe. Dans ce cas, il faut lui expliquer calmement et gentiment votre démarche, en lui disant par exemple : « Ton état me perturbe, m’inquiète, et je vais voir des gens qui savent comment m’aider. » Il y a fort à parier que, petit à petit, il (ou elle) comprendra.