Dans l’état actuel des connaissances en matière d’alcoologie, on peut affirmer qu’il n’y a aucun moment au delà duquel la rechute n’est plus à craindre. Certains alcooliques, après vingt ans d’abstinence, ressomblent au plus profond de leur maladie, en huit jours, pour avoir voulu se prouver qu’ils étaient guéris.
L’histoire du « lapin chasseur » est édifiante à ce propos. Une Alcoolique Anonyme, après huit ans d’abstinence, était en train de préparer cette recette pour laquelle, comme chacun sait, il faut du vin. Alors qu’il en restait un demi verre, presque machinalement, elle l’a bu d’un trait. Il ne s’est rien passé et elle a gardé ce petit reste de vin dans un coin bien caché, au fond de sa mémoire. Trois ans plus tard, chez des amis, elle boit un cocktail à base de champagne. Aucune importance, puisque, se souvient elle, cela ne fait rien. Une semaine après, c’étaient deux litres de vin blanc qu’elle ingurgitait quotidiennement. Sa rechute a duré quatre ans.
Ce n’est pas parce que la rechute doit être considérée sans drames qu’elle ne doit pas être prise très au sérieux. Plus elle est traitée rapidement, plus elle a des chances de n’être que passagère. C’est alors qu’il faut aussi faire l’effort de regarder en face votre vie à tous deux et de voir ce qui pourrait y être amélioré.
En ayant « le courage d’accepter les choses que vous ne pouvez changer, la force de changer celles que vous pouvez, et la sagesse d’en connaître la différence. » (Prière de la sérénité des Alcooliques Anonymes).